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Gentleman Jack

LGBT, littérature, Séries TV, films, poèmes, les lesbiennes qui ont marqué l'histoire

Sibilla Aleramo

sibilla aleramo, lgbt, elms, romancière lesbienne, personnalité lesbienne, italie, Rina Faccio

 

Nom : Marta Felicina Faccio
Pseudo : Sibilla Aleramo

Parents :  Ambrogio Faccio - Ernesta Cottino
Date de naissance :  14 août 1876
Lieu de naissance :  Alexandrie
Date de décès :  13 janvier 1960
Lieu de décès :  Rome
Nationalité : Italienne 
Conjoint : Ulderico Pierangeli 
Etudes : Compabilité 
Métiers :  Romancière

 

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 ENFANCE

  Le 14 août 1876, c'est la fête dans la petite ville d'Alessandrie homonyme de la ville égyptienne. C'est là, dans le Piémont que naît Rina Faccio, future Sibilla Aleramo.
  Alors qu'elle a 11 ans et que la famille se trouve à Milan, son père, professeur de sciences est nommé par le marquis Sesto Ciccolini, directeur dans son usine de verre. A nouveau, la famille déménage, cette fois à Civitanova dans la province de Macerata. A cette époque, les filles n'avaient pas toujours accès à l'éducation scolaire et c'est seule qu'elle va le faire, n'hésitant pas à aller demander à ses anciens enseignants des conseils de lecture.

  L'adolescence de Rina est malheureuse. Sa mère est dépressive et tente de se suicider en se jetant par le balcon de la maison, ce qui provoque de nombreuses tensions au sein de la famille. Ernesta est hospitalisée à l'asile de Macerata et meurt en 1917.

Son fils, Walter Pierangeli
 VIOL et MARIAGE

 Rina est obligée de travailler pour aider la famille et son père l'emploie comme comptable dans son usine. A l'âge de 15 ans, elle est violée par un des employés de l'usine, Ulderico Pierangeli. Elle tombe enceinte et est donc obligée d'épouser son violeur dans la foulée. Elle perd l'enfant et se retrouve coincée avec un mari qu'elle n'aime pas et dans une ville où elle supporte mal le provincialisme.
En 1895, Rina pense trouver un soulagement dans la naissance de son fils Walter, mais elle tente ensuite, comme sa mère, de mettre fin à ses jours.

 

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Sibilla Aleramo
 PREMIERS ECRITS et AMOUR

 A partir de 1897, elle parvient à écrire et publie ses premiers articles dans la Gazetta Letteraria, l'Independente, La revue féministe Vita Moderna et le périodique d'inspiration socialiste, Vita internazionale.
 Rina s'engage dans la lutte féministe en essayant de construire des sections du mouvement des femmes et participe à des manifestations pour le droit de vote et la lutte contre la prostitution. Elle entretient une correspondance avec Giorgina Saffi et son mari Aurelio Saffi.
Elle suit en 1899 son mari à Milan qui vient de trouver un nouvel emploi, et se voit confier la direction de l'hebdomadaire socialiste L'Italia femminile, fondé par Emilia Mariani. Dans le journal, elle tient les correspondances avec les lecteurs et recherche la collaboration d'intellectuels progressistes comme Paolo Mantagazza, Maria Montessori, Ada Negri, et Matilde Serao et se lie d'amitié avec Alessandrina Ravizza.
En janvier 1900, elle doit cependant renoncer au journal, car son mari est nommé directeur de l'usine Ciccolini que son père dirigeait auparavant.

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Sibilla Aleramo

 

 LES AILES DE LA LIBERTE et PREMIER ROMAN

Le fait d'avoir travaillé au journal et de sentir un vent de liberté lui donne la force nécessaire pour quitter son mari en 1902. Seul regret, elle est obligée de laisser derrière elle son fils. Mais elle ne peut plus rester avec cet homme qui est violent et autoritaire. Elle s'enfuie à Rome et commence ce qu'elle aime à appeler "sa seconde vie". Et cette seconde vie débute avec une brève liaison sentimentale avec le poète Guglielmo Felice Damiani. Elle rencontre ensuite l'écrivain Giovanni Cena qui la convainc de traduire son expérience de femme sous la forme de mémoires fictionnées. Elle accepte et prend le pseudonyme de Sibilla Aleramo tiré d'un vers du poète Giosuè Carducci.

Son premier roman Una Donna est l'histoire de sa rupture avec son mari et son fils pour le choix d'une vie libre refusant la contrainte et l'humiliation qui est imposée aux femmes. Ce livre, publié en 1906, devient un manifeste féministe et un classique de la littérature italienne.

 

 

Cordula Lina Poletti
Cordula Lina Poletti
  LINA POLETTI

Sibilla Aleramo s'engage comme travailleuse volontaire dans l'Agro Romano, un mouvement qui lutte contre la pauvreté des populations rurales autour de Rome et bien qu'engagée dans une relation avec Giovanni Cena, elle recontre en 1908, Cordula Lina Poletti, une étudiante de neuf ans sa cadette à un congrès de femmes. C'est Cordula qui lui déclare sa flamme et un an plus tard, elles entament une liaison amoureuse seulement d'un an car Sibilla et Cordula sont trop différentes l'une de l'autre. Sibilla a en effet du mal à supporter de voir son amante se masculiniser alors qu'elle-même prône la liberté, l'affirmation de soi et la fierté de sa féminité. Elle reproche à Cordula "son coeur d'homme". Elle écrira d'ailleurs dans son livre Il passaggio en 1919, "mais moi - personne ne peut juger si c'est de manière plus démente ou plus clairvoyant, j'ai été touché par ce qui restait en elle d'identique à mon propre moi.  A mon propre moi". Dans l'une des cent lettres qui subsistent de leur correspondance, Sibilla Aleramo exhorte Poletti à ne pas rejeter sa propre féminité et à vivre son amour pour les femmes en tant que femme. Leur relation prend donc fin et en 1910, Cordula Poletti contracte un mariage de convenance qui sera rapidement suivit par une séparation. 

Sibilla reviendra sur cette histoire dans le livre "Une femme" (Una donna) qui nous offre une réécriture avec quelques évènements supplémentaires, notamment une fin différente. 

 

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Sibilla Aleramo
 PARIS ET RENCONTRES

Malgré sa liaison avec Poletti, Sibilla est restée en couple avec Giovanni Cena qu'elle va quitter finalement pour partir à Milan où elle rejoint le mouvement futuriste. Puis, elle s'en va pour Paris. Nous sommes dans les années 1913-14. Là elle se lie d'amitié avec plusieurs poètes et écrivains connus comme Guillaume Apollinaire, Stefan Zweig, Gabriele d'Annunzio, Paul Claudel, Charles Péguy, Paul Valéry, etc.
Elle fréquente également le salon de Natalie Clifford Barney et écrit la nouvelle "La Pensierosa" (la pensive)  dans laquelle à partie de la théorie féministe, elle définit une apologie visionnaire de la spiritualité féminine, distincte et indépendante de la spiritualité masculine.
A cette époque, elle a de brèves liaisons sentimentales avec des artistes italiens, puis revient à Rome où elle fait la connaissance de Grazia Deledda, la future lauréate du Nobel de littérature et rejoint le milieu des intellectuels de l'époque d'avant-guerre.

 

Dino Campana
Dino Campana
 DINO CAMPANA

En 1916, elle a 40 ans et rencontre Dino Campana, 31 ans, un écrivain et poète auteur des Chants orphiques avec qui elle commence une relation complexe et tourmentée qui va durer moins de deux ans. Dino est un homme dont l'équilibre mental est précaire à cause d'une syphilis qui lui a été diagnostiquée alors qu'il n'avait que 15 ans. Leur histoire d'amour est violente, passionnée et dévastatrice qui entraîne souvent des cris et des violences physiques. Campana est jaloux et sombre peu à peu dans la folie. Lorsque les choses se gâtent, Sibilla l'accompagne chez un psychiatre et, en 1917, il entre à l'hôpital pour y être soigné. Lorsqu'il ressort, la première chose qu'il fait est de partir à sa recherche. Sybilla qui voyage de ville en ville le fait plonger dans un désespoir total.
En 1918, il est interné dans un asile où il va rester jusqu'à sa mort en 1932.

 REGIME FASCISTE

 En 1925, elle est signataire du Manifeste des intellectuels antifascites, mais par manque de ressource, elle est obligé de se renier et en 1929, entre à l'Accademia d'Italia ce qui lui permet d'avoir une subvention économique. Elle fait alors l'éloge du régime fasciste dans les journaux, ce qui lui donne des moyens supplémentaires tout en bénéficiant de la protection du gouvernement.

Dans Andando e stando (1921), Sibilla Aleramo décrit de manière vivante le monde des lesbiennes parisiennes à travers des portraits passionnés de Colette ("Écoutez sa chanson et ne demandez rien d'autre"), de Natalie Barney (un esprit "d'ambre et d'acier") et de Noailles ("une délicieuse femme de la rue", "un miracle délicieux : une femme et un génie, une reine et un fauve").

En 1933, elle fait partie de la "National Fascist Association of Women Artists and Graduates", mais en 1943, s'éloigne du régime en refusant de déménager à Salò comme le lui ordonnait le ministère de la Culture.

  

Franco Matacotta
Franco Matacotta
 FRANCO MATACOTTA et PARTI COMMUNISTE

En 1936 elle fait la connaissance du jeune Franco Matacotta, de quarante ans son cadet avec qui elle reste liée dix ans jusqu'à ce qu'il se marie. De cette période — sa quarte existence — reste le témoignage du journal qui l’accompagne jusqu'à la mort.

En 1946, elle adhère au Parti communiste et s'engage dans une intense activité politique et social. Elle effectue de nombreux voyages dans les pays de l'Est et collabore avec les Maisons du peuple.
En 1947, elle publie tous ses poèmes dans le volume Selva d'Amore (Forêt d'amour) qui sera suivi en 1956 du recueil Luci della mia sera (Lumières de mon soir).
Elle collabore également dans les revues l'Unita et Noi et participe en 1948 au congrès International pour la Défense de la Paix à Wroclaw, en Pologne.

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Sibilla Aleramo
 DECES

Sibilla Alleramo meurt à Rome d'une longue maladie en 1960 et est inhumée au cimetière communal de Campo Verano. Elle n'a revu son fils, Walter que trente ans après l'avoir quitté, c'est-à-dire en 1932. Cette visite va laisser Sibilla déçue et amère. Walter a toujours refusé de la rencontrer disant "J'avais besoin de ma mère quand j'étais enfant". Il ne lui a d'ailleurs écrit qu'une fois pour l'informer de la mort de son père. Les deux vont se revoir en 1947, puis une dernière fois le jour de la mort de Sibille en 1960.

Sibille, qui était belle et érudite, n'avait jamais été soumise aux règles sociales et l'amour a été le moteur de son existence. L'amour le plus intense a été celui qu'elle a ressenti pour Dino Campana parce que le sentiment bouleversant qu'elle recherchait ne pouvait lui être donné par aucun intellectuel de salon mais seulement par un jeune poète barbare, ignorant de son génie.

 

 

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LES LIVRES EN FRANCAIS

 

 

 

 

 

 

  Sibilla Aleramo, de René de Cecatty
 Née en 1876, morte en 1960, Rina Faccio, qui signa ses livres sous le nom de Sibilla Aleramo, traversa le siècle, en participant à de nombreux mouvements politiques, artistiques et littéraires. Sa vie sentimentale tumultueuse lui fit croiser les destins d'écrivains et d'artistes qui l'aimèrent et qu'elle aima passionnément. Son autobiographie, Une femme, parue en 1906, quand elle n'a que trente ans, est considérée comme le livre fondateur du féminisme italien, par son ton de liberté et d'authenticité. Ses journaux intimes révélèrent l'envergure de cette femme solitaire et déterminée qui avait suscité l'admiration de Zweig, Gorki, Joyce, Rodin, D'Annunzio, Larbaud pour sa beauté et son intelligence exceptionnelle.

Prix : 20.20€

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  Ce voyage nous l'appelions amour, de Sybilla Alerano et Dino Campana
  La rencontre entre Dino Campana et Sibilla Aleramo, rencontre extraordinaire, tout comme les lettres que s'écrivirent les deux amants. Dino, j'éprouve quelque chose de tellement fort que je ne sais pas comment le contrôler... Est-ce toi qui me bouleverses ainsi ? Que m'as-tu donc mis dans les veines ? Et j'ai toujours devant les yeux cette rue sous le soleil, le premier matin, les fontaines où tu m'as fait boire, la terre qui se mélangeait à nos baisers, cette étreinte profonde de la lumière. Où es-tu, pour que je me sente aussi vivement arrachée à moi-même ? M'appelles-tu, ou bien m'as-tu oubliée ? Oh, je te veux, je te veux, je ne te laisserai pas aux autres, je ne serai plus à d'autres, je te veux pour toute ma vie et pour ma mort, Dino, après ceci, il ne peut plus rien y avoir d'autre, oh, savoir que toi aussi tu ressens cela, que toi aussi tu râles ainsi... Tu m'attends, dis-moi, tu m'attends, c'est bien vrai ? - Nous serons seuls sur la terre. Nous brûlerons. As-tu vu que nous sommes vierges, que quelque chose ne nous a jamais été arraché ? Pour nous.

Prix : 8.60€

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  Une femme, d'Emmanuelle Riva
  Une femme est une autobiographie romancée, dans un style sobre, d'une réserve classique traversée d'effusions lyriques. Déchirée entre un amour passion pour son père brillant et séducteur et une pitié terrifiée pour sa mère trompée qui, peu à peu, sombre dans la folie, la narratrice lutte pour conquérir son indépendance intellectuelle et affective contre un mari brutal et veule, contre un milieu provincial superstitieux et étriqué. Ce sera au prix du renoncement à son fils qu'elle deviendra une femme libre et active.

Prix : 16€

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  Le passage et transfiguration, de Sibilla Aleramo
  Sibilla Aleramo, pseudonyme de Rina Faccio, est née a Alessandria le 14 aout 1876. Elle meurt a Rome en 1960. Ses parents s'établissent a Civitanova (Province de Macerata) ou elle épouse a quinze ans un employé de son père. En 1901, après une tentative de suicide, elle abandonne son mari, homme violent et autoritaire ainsi que son fils. Elle raconte cette histoire dans Une Femme (Una Donna) publie en 1906, livre féministe qui connait un grand succès. Ainsi commence, comme elle aime a le dire, sa seconde vie. Après une crise, commence une vie vagabonde qui la conduit a Milan. Elle rejoint le mouvement "Futuriste." Finalement elle revient a Rome ou elle rejoint les milieux intellectuels et artistiques des années d'avant guerre.

Prix : 18.91€

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Principaux recueils

  • 1906 : Una donna (Une femme traduction de Pierre-Paul Plan). Éd. du Rocher 
  • Un Viaggio chiamato amore (Ce Voyage nous l'appelions amour, traduction de Béatrice Vierne). Lettres 1916-1918 de Dino Campana, Sibilla Aleramo (, Ed. du Rocher) 
  • 1919 : Il passaggio (Le passage traduction de Pierre-Paul Plan
  • 1920 : Momenti
  • 1920 : Andando e stando
  • 1924 : Il mio primo amore
  • 1927 : Amo, dunque sono
  • 1930 : Gioie d’occasione
  • 1932 : Il frustino
  • 1938 : Orsa minore. Ursa minor. (Notes de carnet et d'autres encore traduction de Jeanne-Hortense Alzinson) Ed. du Rocher
  • 1945 : Dal mio diario
  • 1947 : Selva d’amore
  • 1949 : Il mondo è adolescente
  • 1951 : Aiutatemi a dire
  • 1956 : Luci della mia sera
  • 1978 : Diario di una donna (posthume)
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Sources :

- https://www.desfemmes.fr/auteur/sibilla-aleramo/
- http://www.letteraturadimenticata.it/aleramo.htm
- https://recensioni936.wordpress.com/2018/11/25/sibilla-aleramo-e-el-matt/
- https://it.wikipedia.org/wiki/Sibilla_Aleramo
- A. Aldrich, 2002. Who's who in gay and lesbian history, from Antiquity to world war II, Ed. Routledge

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